STONE
Coordonnées :
https://parcours-flagey.netlify.app
J’ai conçu ce site internet comme une chasse au trésor artistique en mouvement, un parcours qui invite à explorer Flagey à travers une série d’œuvres et d’interventions disséminées dans l’espace public. Ce projet mêle street art, land art, géocaching et art in situ, transformant une balade ordinaire en une expérience immersive où chaque détail devient un indice, chaque lieu une page d’un récit à découvrir.
Au cœur de cette aventure, on trouve des créations éphémères : des oiseaux dessinés sur des pierres, des morceaux de bois, des bancs, des poteaux ou d’autres supports du quotidien. Ces œuvres discrètes, s’inspirent directement d'un faire part de naissance, dont les oiseaux ont été dessinés par ma mère. Une façon de mêler héritage familial, art et mémoire, tout en réinventant le paysage urbain.
Le parcours compte plusieurs lieux qui sont chargés d’affection, liés à mon enfance et à des souvenirs, tandis que d’autres m’étaient totalement étrangers avant ce projet. Une manière de réconcilier l’attachement et la découverte.
Les œuvres que j’ai placées sont à tous, participants ou passants, qui peuvent les emporter ou les laisser pour les prochains et faire durer l’expérience. Mais même si une pierre ou un dessin disparaît, effacé par la pluie, recouvert, ou simplement emporté, le jeu continue. Le site internet reste accessible via un QR code (placé notamment dans le bar L'amère à boire), et des mots de passe mis à différents endroits permettent de poursuivre l’aventure même après la disparition des œuvres physiques.
À la fin du parcours, un carnet est à disposition : chacun peut y ajouter son propre dessin d’oiseaux, contribuant ainsi à une œuvre collective qui grandit avec le temps. Une façon de dire que l’art n’est pas seulement une découverte, mais aussi une participation.
Pourquoi Flagey ?
Flagey n’est pas un lieu comme un autre pour moi. Depuis tout petit, j’y ai vu l’art s’infiltrer dans l’espace public : des installations éphémères, des fresques, des interventions qui transformaient les murs et les trottoirs en supports d'expressions. C’est ici que j’ai compris que la ville pouvait être un terrain de jeu, un lieu où l’imagination redessine les contours du réel.
Ce projet est né de cette fascination. En réactivant des souvenirs comme les animaux en plastique que l’ami de mes parents Tofke plaçait sur les poteaux électriques de la place Flagey, la transformait en un territoire d’aventures, ludique et remplie de fantaisie. J’ai voulu créer un pont entre mon enfance et mon travail d’artiste. Les oiseaux que je dessine sont à la fois un hommage, une signature personnelle et une invitation à voir le monde autrement.
Mes influences
Mon travail s’inscrit dans une tradition d’art urbain et d’interventions in situ, où l’artiste joue avec l’espace public pour en révéler les potentialités poétiques. Voici quelques influences qui ont nourri cette réflexion :
- Isaac Cordal et ses Cement Eclipses : ses sculptures miniatures en résine, disséminées dans les recoins de Bruxelles, m’ont appris à jouer avec l’échelle et la perspective. Ses figurines, à la fois discrètes et décalées, transforment des détails architecturaux en récits inattendus.
- Banksy, maître du détournement urbain, qui utilise l’art pour interroger notre rapport au monde et révéler les absurdités de la société.
- Invader, avec ses mosaïques pixelisées inspirées des jeux vidéo, qui démocratisent l’art en le rendant accessible et ludique. Il y en a d’ailleurs un à Flagey, c’est un Easter egg de ma chasse au trésor. Essaye aussi de le retrouver !
- Slinkachu, dont les miniatures urbaines (souvent des personnages en plastique) réenchantent le quotidien en y injectant une touche de magie et d’humour. Son travail rappelle étrangement l’esprit de Tofk, et par extension, le mien.
Mais j’ai aussi puisé dans une autre pratique : le géocaching. Comme cette chasse au trésor numérique, mon projet repose sur l’exploration, la curiosité et la récompense. À la différence près que les "trésors" ici ne sont pas des boîtes en plastique, mais des œuvres éphémères, des indices et une expérience collective.
Ce projet est bien plus qu’une simple exposition en plein air. C’est une invitation à ralentir et à observer. En mêlant art numérique et interventions physiques, je souhaite offrir une expérience où le visiteur devient explorateur, guidé par un parcours qui alterne entre logique et surprise. Je veux créer du lien social à travers l’art, et rendre l’espace public plus vivant et interactif.
Si, en chemin, vous croisez un oiseau peint sur une pierre, souvenez-vous : vous faites déjà partie de l’histoire.
Parce que l’art, comme la mémoire, se construit à plusieurs…